Cette note aurait dû s'appeler On the road again , parce qu'aprés quelques mois à mettre en place le puzzle, je vais reprendre la route comme au bon vieux temps du consulting, Paris, Toulouse, Sophia & Genève principalement, et quelques autres destinations moins classiques dont une plus particulière, wait & see. Mais réflêchissant à ce que j'allais écrire, deux anecdotes de cette époque me sont revenues à l'esprit, de fil en aiguille. Alors j'ai préféré laisser On the road again de côté pour vous les narrer. De fil en aiguille.
Avril 97, mon fils vient de naître, il a 4 jours, je suis en congé bambino qui se pointe à la maison mais les autres jours je bosse dans une grande SSII Française pour un CS (Compétence Center parce qu'ils se la pètent) Oracle Appli. J'étais dans la SSII où y bosser est un honneur qu'ils te font et que s'ils pouvaient te payer encore moins cher ils le feraient et que t'as qu'à être content... Bref.
Alors en trois semaines je viens de vivre les deux évenements les plus marquants de ma vie (relire le post Bon Anniversaire mon Fils pour ceux qui suivent pas), je suis à l'envers, je dors pas et faut pas me faire chier. Là dessus le boss de mon agence me phone:
- Lui: salut alors comment vas-tu ?
- Moi: on fait aller merci
S'en suit le blablabla qu'on sort en pareille occasion quand on s'en balance complet du mec qui est au bout du fil mais qu'on a un truc à lui demander.
- Lui: je t'appelle aussi parce qu'on a une tuile
- Moi: vas-y
- Lui: notre client de Lilles (comprendre un grand groupe de la grande distribution) a besoin de toi
- Moi: ça va pas ou quoi ? Je prends 10 jours pour pas couler et toi tu te pointes comme ça, tu me demandes de traverser la France juste pour un putain de client ? mais ils branlent quoi les autres ? je suis dieu ou quoi ?
- Lui: on se calme ! t'as pas l'esprit Cap de toute façon (ouais j'ai laché le nom, de toute façon le boss de l'époque s'est fait virer depuis) et si t'es pas prêt à faire l'effort t'as rien à faire chez nous
- Moi: Ok, ok je profite un peu, je cherche un autre job et quand j'ai trouvé je me tiiiiire. En attendant, oublie moi !
Sur ce, je raccroche.
Le lendemain, je recevais un joli bouquet de fleurs à la maison avec un petit mot écrit de sa main: bienvenue au p'tit gars et mes sincères félicitations aux parents. Le jour d'aprés, j'avais deux coups de fil : un sur mon portable professionnel (il pouvait toujours se gratter pour que je réponde...) et un autre à la maison. A celui là j'ai répondu, je me souviens de la conversation comme si c'était hier:
- Lui: Bon on s'est un peu enflammé hier mais c'est pas bien grave, hein ?
- Moi: humm...
- Lui: alors voilà, et patati et patata, il me sort le couplet sur : je suis un super extra collaborateur avec un potentiel de fou et qu'il faut pas s'énerver et que tout va aller trés bien et qu'il faut qu'on se voit asap parce qu'il a des choses hachement importantes à me dire.
- Moi: ok je viens te voir en rentrant.
J'ai raccroché et un léger sourire c'est dessiné sur mes lèvres: il a besoin de moi le con mais vraiment besoin de moi ! Yes, putain il va racker ! Un mois plus tard, il me filait 9%, 1 an et demi aprés, je lui filais ma dém.
Quelques semaines plus tard, j'avais repris le boulot, finalement juste à 50 bornes de la maison, autant dire la porte à côté. Mais côté gamberge ça empirait, en façade je faisais comme si tout allait bien mais dans la tête ça chauffait grave. Alors sous la pression de mes proches (c'est comme ça qu'on dit hein ?) et celle du docteur, je me suis décidé à aller voir un psy, pas chologue mais chiatre parce que je le valais bien. Notez que je croyais plus du tout en lui, qu'on n'était pas le 24 décembre mais comme j'avais mis les Santiags devant la cheminée, on sait jamais, p'têtre que le père Noël se pointerait ... Ben j'y suis allé mais manque de bol dis donc, son cabinet m'a fait flipper ! Il y avait un canapé, deux fauteuils, un micro, une chaîne hifi et un clavier. Si si, un clavier, genre Bontempi amélioré. Je me croyais sur une autre planête mais n'ayant jamais mis les pieds chez un psy... Alors j'ai parlé, j'ai raconté les trucs qui me passaient par la tête: les cauchemards et le monde entier que je voulais tuer. Il m'a écouté une heure pour enfin me dire que j'avais une agressivité exacerbée provoquée par un trop plein de haine et une tendance à la paranoïa. Il se fout de ma gueule ou quoi ? Ca fait une heure que je lui balance ça et lui hop finette, il me le ressort à la fin en me tendant le stylo pour remplir mon chèque ! Il le veut de suite son coup de boule ou j'attends la prochaine séance ? Et c'était pas fini, en partant il me tend deux cassettes à écouter en voiture ou sur mon walkman dès que je sens la haine monter en moi et surtout juste avant que je me mettes à défoncer la tête du mec à côté juste parce qu'il est à côté. C'est le jour où j'ai failli lui mettre la tête dans son bontempi que jai compris que ce psy était un crétin !
PS: J'écoute un bon vieux Francky Goes, putain c'était de la bombe ce truc. Et oui au fait, cette note est programmée, alors quand vous la lirez ben moi je serais sur une plage du languedoc. Gniark, gniark, gniark !
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