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30 novembre 2007

La soirée du coeur

Quand le téléphone a sonné hier vers midi j'avais déjà décidé que je n'irai pas manger, d’abord parce que je n'avais pas très faim et ensuite parce que manger en tête à tête avec mon assiette… Mais l’acolyte sait se montrer convainquant et saoulant aussi parfois… alors j’ai capitulé et je l’ai rejoint dans notre cantine préférée. Deux verres de vin et une blanquette de veau plus tard, je me suis entendu lui lâcher un : ok, ok, ça va je viendrai ce soir. Promis ? pfffff ouais promis.

Mais vers 20H30 je n’avais plus du tout envie d’y aller… pourtant j’avais promis… Alors comme j’étais à la bourre je me suis dit que prendre l’autoroute serait une bonne idée, enfin bonne idée c’est juste une façon de parler d’écrire hein ? Parce que perdu dans mes pensées j’ai appuyé sans m’en rendre compte et je me suis fait brutalement ramener sur terre par un méchant flash ! Pan ! Enculé de radar ! Je le connais pourtant...

20 minutes plus tard et à la vitesse réglementaire j'ai quand même fini par arriver, là :

Affiche_black

Quand j'ai retrouvé l'acolyte, Camille et Anissa (de Camissa), Marc, Sophie, Thierry, Fatiha, Nathalie, Séb, David et tous les autres, je me suis dit qu'il avait bien fait d'insister l'acolyte... merci à toi mon ami !

Au passage les deux soirées ont rapporté 15 000€ aux restos du coeur. Chapeau bas.

Trois heures plus tard, j'ai repris ma voiture. Une main sur le volant, une autre sur le levier de vitesse, la machoire crispée et le regard lointain, je semblais ailleurs. Dehors il faisait froid.

Papaaaaa, tu as pris la route sans dire adieux, papaaaaaa, c'est Christophe Maé qui passait à la radio.

05 novembre 2007

Le poisson aurait dit fêlure intime

La route est sineuse et étroite, sans repère, seule la lumière des phares permet d'entrevoir le bas côté. La voiture file pourtant à vive allure dans la nuit froide.  Une main sur le volant, une autre sur le levier de vitesse, la machoire crispée et le regard lointain, il semble ailleurs. Un virage, puis un second, des pneus qui crissent, une voiture qui dérape, un léger rictus et puis plus rien.

Roooxanne, you don't have to put on the red light, la radio marche encore et dehors il fait froid.

Ses cheveux sont trempés, les draps aussi. La nuit a était courte, un combat de plus pour un autre jour. La douche comme un court répit. Oublier, ne plus penser. Habillé il monte dans sa voiture. Une main sur le volant, une autre sur le levier de vitesse, la machoire crispée et le regard lointain, il semble ailleurs. Dehors il fait froid.

I'll send an SOS to the world, I hope that someone gets my message in a bottle, c'est Police qui passe à la radio.

11 septembre 2007

Coup de crayon

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13 juin 2007

Ton vieil établi

J'ai 5 ans lorsque tu me donnes ce marteau, ces quelques clous et cette planche de bois. A force de te regarder, je connais tes outils par coeur : ciseaux à bois, gouges, bédanes, rabaux, tournevis, marteaux, scies... et pour la première fois aujourd'hui je peux utiliser ton marteau. Je suis fier de moi.

J'ai 10 ans lorsque tu m'expliques comment réaliser une mortaise. Attentif, je te regarde jouer de la gouge sur un morceau de bois, petit à petit je vois qu'une rainure apparaît. Non c'est pas une rainure, ça s'appelle une mortaise, sur l'autre morceau on fera ce que l'on appelle un tenon, ensuite on ajustera l'ensemble, puis on collera. Tiens, à toi, essaie pour voir. Sous ton regard je me lance, quelques jours plus tard  mon premier meuble prend place dans ma chambre. Tu es fier de moi.

J'ai 15 ans lorsque tu m'obliges à poser ces lambris. Moi je veux sortir voir mes potes, toi tu me dis que c'est notre maison et que je dois travailler. Je connais la technique sur le bout des doigts: fixer les tasseaux, clouer les lambris, fixer les tasseaux, clouer les lambris, fixer les tasseaux, clouer les lambris. En 3 jours c'est fini. Maman est fière de nous

J'ai 20 ans lorsqu'on fabrique ensemble cette banque de cuisine. On mesure, on trace, on débite, on chanfreine, on ponce, on colle. On est fier, simplement.

J'ai 25 ans lorsque tu inventes la table basse du salon. Un plateau, 4 pieds, de la faïence, ça parait si simple quand c'est toi qui le fais. Je suis fier de toi.

J'ai 30 ans lorsque je te regarde passer la dernière couche de lasure sur le coffre à jouet de ton petit fils. Il est fini et toi tu me parles de ma mère, elle te manque tellement depuis deux ans. Les yeux embrumés, je suis toujours fier de toi.

J'ai 35 ans lorsque je ramène ton établi à la maison. Je l'ai mis dans mon atelier, je suis sûr que tu savais que je le mettrai là. Ce soir j'irai m'assoir dessus comme je le fais parfois. Peut-être que mon fils sera avec moi, il adore quand je lui parle de toi. Tu lui manques tellement, moi je serai fier de lui.

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25 mai 2007

Le week-end des copains

Le week-end de la Pentecôte va se passer avec les copains. Avec 40 copains. Enfin une vingtaine et leurs enfants, 40 en tout, dans un village perdu au bout du monde, là où le GSM ne passe pas, là où internet est encore en 56K (nan c'est pas dans un bled de la bretagne :-)).

L'aventure a débuté l'année de nos 10 ans... 10 ans aprés la fin de nos études, arf ! et depuis ça continue. On s'était dit que ce serait bien de se retrouver tous ensemble pour une grande teuf sur 3 jours. Il fallait trouver un gîte assez grand pour nous accueillir, un endroit un peu isolé pour ne déranger personne avec notre bordel, avec beaucoup d'espace et puis une grande salle pour manger tous ensemble et une piscine aussi ce serait bien et puis un champ pour taper dans le ballon. Introuvable ? Nan ! Ce gîte on l'a trouvé ! Si si même que c'est . Alors dès ce soir ce petit village du Gard va devenir notre coin de paradis et ça va durer jusqu'à lundi.

Au programme : des balades, du cheval, du glandage-bronzage au bord de la piscine, de la pétanque, LE tournoi de ping pong et bien sûr LE fameux match de foot.

Et à part ça ? apéro, manger, boire, rire, s'amuser ! Le plaisir de se retrouver. Bon je file, j'ai des courses à faire, c'est paëlla géante samedi midi !

10 janvier 2007

5 choses et pas plus !

Parce qu'Sblab' m'avait déjà refilé le bébé l'année derniere, parce que Benoît a fait de même hier et surtour parce qu'aujourd'hui je veux bien le faire... je m'y colle ! Je vais donc vous raconter 5 choses que vous ne savez pas de moi, alors comme d'habitude il y aura un peu de lourd mais surtout beaucoup de léger alors on garde le sourire !

  • Lors de l'enterrement de mon père, j'ai réussi à me diriger vers le micro et à lire les quelques lignes que j'avais préparées. Je voulais le faire et je l'ai fait, ça m'a appaisé et je suis sûr qu'il aurait été fier. Des années auparavant, j'avais été incapable de le faire à celui de ma mère, trop de larmes et trop d'émotion. Des fois, je ne sais pas pourquoi mais ça me fait du bien de parler d'eux.
  • A 14 ans j'ai séché une année entière de conservatoire, c'était ma 5ième année (quand même !). Mon père pensait que la musique c'était bien, ma mère que ça m'éviterait de traîner dans les rues, moi j'en avais ras le bol ! Je me barrais donc tous les mercredis apres-midi ma guitare sur le dos, je la planquais chez mon cousin et on se cassait traîner dans les rues. Le soir je rentrais comme si de rien n'était. Je remplissais même les carnet de notes (oui au conservatoire on avait un carnet de notes à faire signer par les parents). Ca a bien marché de septembre à Juin, jusqu'à ce mon père rencontre le directeur et que tout s'écroule... Je vous explique même pas ce que j'ai dérouillé !
  • A 16 ans je suis parti pendant un mois faire le tour de l'Ecosse à vélo, sac à dos et tente sur le dos. Un soir on campait prés d'un grand lac (en Ecosse va éviter les lacs...) lorsqu'on a subi une attaque en régle de midges, le redoutable petit moustique local. Il y en avait tellement qu'on ne voyait pas à 3 mètres, un vrai nuage. On a dû abandonner la bouffe sur le réchaud et filer se réfugier dans la tente. Pas d'autre solution que de s'enfumer pour pouvoir dormir quelques heures, au petit matin ils avaient disparu.
  • Etudiant à Aix, je passais trois nuits par semaine en boîte de nuit, enfin surtout dans une en particulier. J'organisais des soirées dans cette boîte pour le compte d'une asso d'étudiants alors forcément quand on ne paye pas l'entrée ni les boissons, on a tendance à abuser... (et aussi a y traîner de force ses potes qui ont horreur de ça, mais qui des fois vous abandonnent). Le lendemain matin pour aller en cours, c'était plutôt difficile et assez rare... mais j'avais quand même la chance de loger dans la cité U qui possèdait le meilleur resto U de la ville. Du coup vers midi mes potes qui sortaient de cours (les mêmes qui m'avaient lachement abandonné la veille) venaient taper à ma porte pour aller manger. Z'étaient gentils mes copains hein ?
  • Etudiant j'étais boursier et heureusement parce que sinon c'eût été impossible. Pour obtenir une bourse il faut deux conditions essentielles : 1) y avoir droit (ça dépend des revenus de la famille), 2) rendre le dossier dans les temps. Vous voyez où je veux en venir ? Pour ma dernière année, je me suis pointé au bureau des bourses un lundi matin à la 1ere heure alors que la date limite de dépôt était le vendredi précédent. Eh bien malgré mon instance (digne des plus grandes tragédies italiennes), la dame n'a jamais voulu accepter mon dossier ! Heureusement que les prêts d'honneur existent dans notre pays, prêt à 0% remboursé il y a peu.
  • Au début de ma carrière professionnelle, j'ai changé 6 fois de société en 6 ans ! Le plus long bail à durer 3 ans, le plus court une seule journée, j'ai fait aussi quelques semaines et quelques mois. A chaque fois c'est moi qui me suis barré, soit pour un meilleur salaire soit pour changer de région.

Voilà pour une première j'ai pas su faire court ;-)

25 août 2006

Pour Emma

Ton absence subite avait laissé un grand vide, je craignais le pire. La vie est injuste.
Alexandre en parle mieux que je ne l'aurais fait, c'est ici .

Amen, comme tu avais l'habitude de finir tes notes.

23 juillet 2006

Pourquoi moi ?

Pourquoi moi ? une question que je me suis posé des dizaines de fois sans réponse, évidement. Et encore quand j'y pense, il a y pire.

La semaine dernière je suis retourné diner sur le port de la petite ville où habitaient mes parents. J'ai passé une super soirée, j'adore ce petit port de plaisance et l'ambiance c'est... c'est un peu comme chez moi, j'y ai quand même passé les 18 premières années de ma vie.

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Je me doutais cependant pas que les "pourquoi moi", que je pensais enfouis au fin fond de mon cerveau, ressurgiraient. Je devrais pourtant y être habitué, ils me laisseront jamais tranquille.
Pourquoi moi ? A mon age, tous mes amis ont leur parents, certains n'en ont plus qu'un mais je suis le seul à ne plus les avoir. Alors pourquoi moi ?

Ce port, ces bateaux, son bateau, des souvenirs, un souvenir.
Le jour où j'ai eu la force de lui dire. Il le fallait, je devais le faire. Il était dans son fauteuil, les yeux mi-clos, ma main dans la sienne. Et j'ai parlé, je lui ai expliqué, les traitements, les opérations, c'était fini. Il m'a sourit et m'a répondu : "je le sais bien qu'on ne peut plus rien pour moi, mais c'est bien que tu me le dises, mon fils." Je suis resté assis à ses côtés, mes larmes coulant sur mes joues, Il a juste serré ma main plus fort.
- "Je suis fatigué de lutter, je vais la rejoindre, elle m'attend. Tu m'amènes voir la mer ? j'aimerais la voir."
- "oui papa, on y va"
Alors je l'ai aidé à marcher, à monter dans ma voiture et on a roulé en silence jusqu'au port. Il n'est même pas descendu, il s'est contenté de respirer l'air marin et d'écouter le bruit du vent dans les drisses. En rentrant on est passé devant les lieux où il avait vécu avec ma mère, il me les a montrés avec à chaque fois un souvenir, une anecdote. Sa tournée d'adieu en quelque sorte.

Ce soir là, seul dans ma voiture, j'ai pleuré, j'ai crié, j'ai hurlé. C'était pas juste vraiment pas juste. C'était la vie et la mort. Une semaine plus tard, mon père nous quittait.

Récemment on m'a dit que dans la vie il y a des méchants, des pervers, des hypocrites, mais je soutiens qu'il n'y a pas que ça, il y a aussi des gentils et les amis.

J'ai rédigé cette note parce que j'en avais envie, parce que ça me faisait du bien, je la supprimerais peut-être et pour les mêmes raisons.