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25 octobre 2007

Je ne lui ai pas dit

Ce matin meeting à la world company, yeah ! Revoir le site et les anciens collègues est toujours un plaisir pour moi. Un plaisir entier s'il n'y avait les questions... toujours les mêmes :

Alors ça marche comment ?
Et vous arrivez à vous payer maintenant ?
Et les charges c'est pas trop dur ?
Trouver des clients ça doit être galère quand même non ?

Moi je respire et je me lance dans mon discours bien rodé : certes ce n'est pas facile tous les jours mais cahin-caha on s'en sort; il y a eu un période critique mais depuis Juin ça va mieux; on commence à voir le bout du tunnel, pourvu que ça dure. Ca parait simple dit comme ça mais à la longue ça me gonfle un peu et selon qui pose les questions ça me gonfle franchement. C'était le cas ce midi.

Je comptais déjeuner avec quelques bons collègues histoire de se remémorer le bon vieux temps. Juste avant de prendre la direction de la cantine tout était nickel. Nickel jusqu'au moment où T s'incrusté. Il a fait ça discretos T, en deux temps-trois mouvements hop il s'était joint au groupe. Pffff j'ai rien pu faire !
T est un mec qui a les dents tellement longues qu'elles rayent le parquet quand il marche,vous voyez ? Bon on a aussi comme qui dirait un léger passif tous les deux... des discussions plus que houleuses... et il a aussi manoeuvré pour prendre mon poste à un moment. Je l'aime pas T et lui non plus il m'aime pas. Alors pourquoi est-il venu ? Je me le demande encore...faire chier... ou l'odeur du sang peut-être... d'aprés certaines rumeurs la small company était au fond du gouffre...

Alors à lui je ne lui ai pas dit que ça a été trés dur.
Je ne lui ai pas dit que pendant longtemps les factures sont restées impayées.
Je ne lui ai pas dit que les avis de mise en demeure me faisaient maintenant rigoler.
Je ne lui ai pas dit que Mmes Urssaf et TVA sont quasi des copines.
Je lui ai même dit tout le contraire mais je ne suis pas certain qu'il m'ait cru.

Il était finalement bien loin le bon vieux temps ce midi.

23 octobre 2007

En Octobre c'est T.V.A. !

Y a pas que les p'tits fours et le champagne dans la vie d'un entrepreneur, non ça c'est sûr y a pas que ça... y a aussi la T.V.A. !

Ceux qui suivent ce blog savent trés bien que Mme T.V.A. et moi on a commencé par avoir des rapports disons plutôt orageux mais que depuis quelques mois on est passé à quelque chose de beaucoup plus convial, je parlerais presque de complicité... (n'allez pas vous faire des idées non plus, hein ?). Alors comme le 24 Octobre approchait à grand pas et que Mme T.V.A. n'avait toujours pas reçu ma déclaration, ben Mme T.V.A. m'a passé un coup de fil:

- Mr Largo ? c'est Mme T.V.A.
- Aaaahhhh bonjour Mme T.V.A., trés content de vous entendre... heuu aurais-je oublié un truc ?
- gagné ! la Déclaration de la taxe sur la valeur ajoutée et taxes assimilées ça vous dit quelque chose ?
- heuu je mentirais en disant que non... attendez je cherche... ah oui voilà j'ai bien le formulaire N°3310-K-CA3 sur le bureau !
- parfait ! alors vous le remplissez et vous me le renvoyez ;-)
- heuuuu pour demain  ???
- oui oui comme c'est écrit sur le formulaire que vous devez avoir reçu depuis disons... un bon mois et demi !
- heuu on pourrait pas dire qu'avec les grèves il s'est un peu perdu et qu'il arrivera... disons lundi matin ?
- humm...mouais... va pour lundi dernier délai !
- merci beaucoup Mme T.V.A. ! C'est trés gentil à vous d'avoir appelé :-)

Alors depuis hier je fouille et je farfouille à la recherche des factures... ben croyez moi je fais pas un métier facile !

A force de fouiller je suis retombé sur une facturette qui m'avait fait halluciner sur le coup :

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A 6€ le café et 7€ le perrier, faut s'appeler Crésus pour boire un coup à Paris !

19 octobre 2007

Si c'est lui qui invite...

Comment qu'ça va bien ? Bien bien ! Les semaines se suivent mais ne se ressemblent pas et moi ça m'arrange.

Deux jours à Paris donc cette semaine suite à une invitation de Mr Crosoft. Je ne pouvais décemment pas refuser ça à mon nouvel ami. Surtout que mon nouvel ami est trés trés gentil avec moi en ce moment alors autant en profiter non ? Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras me disait ma maman et le premier qui dit que je suis vénal... il a raison :-)

Alors j'y suis allé et j'ai bien fait  ! Parce qu'une fois la présentation d'usage passée - je te file un micro,  tu viens sur le devant de la scène et vas y que tu te démerdes pour expliquer qui tu es, d'où tu viens et ce que tu fais - mon nouvel ami m'a présenté tous ses autres amis un par un ! Et il en a des amis Mr Crosoft et y a pas que des small company...

Café croissant jus d'orange en arrivant, petits fours à la pose, déjeuner nouvelle cuisine, re-petits fours à 16h00, cocktail de clôture pour finir, ouch qu'est-ce qu'on a bien bossé ! Naaaan je déconne, on a aussi échangé et discuté sur tous les thèmes du développement des start-up; des intervenants de "haute couture" pour des élèves attentifs. Incollable sur le sujet je suis, merci J.C. (alors J.C. c'est pas Jésus-Christ hein ? même si à la base c'est aussi un évangéliste).

Y a plus qu'à dérouler... alors je déroule, je déroule ;-)

11 octobre 2007

Une belle journée de merde

- salut ça va ?
- ouais ça va et toi ?
- moi ça va et toi ça va ?
- ouais ouais ça va et toi Largo ça va ?

Appuyé contre la machine à café, les yeux perdus au fond de mon gobelet, je lève la tête pour répondre:

- non, ça va pas
- (...) ????
-
ben quoi  ? si tu veux pas entendre la réponse faut pas poser la question !

La plupart auraient répondu un vague ça va, d'autres auraient parlé du putain de ressort de grille pain qui fait chier, moi j'ai juste dit non ça va pas et je suis parti vers mon bureau pour une belle journée de merde. Je savais déjà qu'aujourd'hui je ne ferais rien et je n'ai rien fait... et puis quand je fais rien, ben c'est pas fait.

J'ai quand même réussi à glander toute la matinée... j'ai commencé à ranger le bureau mais j'ai juste commencé... je me suis ensuite lancé dans un compte-rendu de réunion mais je l'ai vite poubellisé... l'espace d'un instant j'ai même eu envie de répondre aux commentaires de la note précédente mais en fait ça n'a pas duré... J'ai bien été tenté de discuter avec une âme charitable mais son humeur de chien m'a fait renoncer... Heureusement pour moi c'était l'heure du déjeuner alors j'y suis allé. Seul. Journée de merde j'ai dit.

L'avantage de manger seul, c'est de manger vite... et vu que j'avais rdv à 14H00 sur le vieux port c'était finalement une bonne nouvelle. Trois quart d'heures pour faire Aix-Marseille c'est largement suffisant, j'avais même le temps d'un p'tit café au soleil ! D'habitude oui mais aujourd'hui non. Parce qu'aujourd'hui y a une bande de tarés qui a décidé de braquer un fourgon blindé et biensûr pile poil au niveau de la sortie d'autoroute !Journée de merde j'ai dit.

15H passées lorsque qu'une bagnole me coupe la route à l'entrée du parking du centre bourse. Un 49... perdu surement...mais bon j'ai quand même bloqué ma main sur le  klaxon, histoire de lui apprendre à conduire.... pendant ce temps là James Blunt hurlait dans la radio et moi je lui aurais bien fait bouffer son 1973 !

Finalement j'aurais mieux fait de ne pas y aller à ce rdv, le gars était bien, sa présentation aussi mais c'était juste pas le bon jour. Alors j'ai fini par me barrer en lui laissant ma carte. En une heure de temps j'avais pas laché un seul sourire. Journée de merde, je disais.

Je crois que là c'est l'heure de rentrer à la maison.

05 octobre 2007

ToDo List... pour ce soir !

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02 octobre 2007

Protégeons la nature ou nettoyage industriel ?

Ce week-end au village c'était vide-grenier: une fois par an t'as le droit de jouer au vendeur et de tenter de refiler le tas de trucs inutiles que t'as entassé depuis l'année dernière. C'est le principe. Je n'ai jamais participé mais j'y fais toujours un tour histoire de dire bonjour aux copains (à l'heure de l'apéro ? hummm ouais c'est possible !). A priori rien de dérangeant, bien au contraire. A priori seulement.

Le hic c'est qu'en quelques années, on est passé d'une poignée de stands à plus de 300 exposants et pareil pour la fréquentation. Sur deux jours c'est plusieurs milliers de visiteurs qui ont foulé la pinède jettant papiers, cartons, mégos ou canettes. Et je veux même pas penser aux trucs encore plus crades et dangeureux. Où est le problème me direz-vous ? Le problème c'est que le nettoyage est pour une grosse partie réalisé par les enfants du village. Voilà le problème, pardon le scandale.

Protégeons la nature ça s'appelle. Un programme de sensibilisation à l'environnement mis en place par la mairie : régulièrement les enfants de l'école primaire sont mis à contribution pour ramasser les détritus balancés dans la pinède. En temps normal je trouve ça plutôt bien: les enfants sont heureux et fiers de participer et en plus la pinède est propre. Mais là on ne parle plus de sensibilisation à l'environnement ni de quelques bouts de papier mais bien de nettoyage industriel qui devrait être réalisé par des professionnels équipés et formés aux risques. Ma fille n'a que 6 ans, elle n'a jamais vu de capote usagée et ne sait pas à quoi ressemble une seringue de junky, penser qu'elle a risqué de... Et c'est pas la paire de gants ni le tee-shirt refilés pour l'occasion qui l'auraient protégée ! Monsieur le maire, j'ai deux mots à vous dire et croyez-moi vous allez les entendre.

28 septembre 2007

Tranche de vie

Ce matin en arrivant aux bureaux de ma p'tite entreprise - pour la suite de ce post, il est nécessaire de préciser que la small company est hébergée par une world company où la sécurité est une institution, il faut badger à peu prés tous les 3 mètres pour avancer dans les couloirs - Laure, la p'tite jeune de l'entrée me lance : Largo, attends il faut que je recharge ton badge, ils ont fait des modifs et tu ne pourras plus rentrer au 1er.
Discipliné, je me dirige vers l'accueil en lançant un Bonjour ! clair et jovial. Deux personnes à l'accueil, un seul Bonjour en écho. Y a problème ? Comme je ne suis pas du genre têtu, je recommence : Bonjour !, sait-on jamais peut-être que le monsieur est un peu dur d'oreille... ben il ne l'était pas... j'ai eu droit à  un regard qui tue puis le monsieur a récupéré son badge et s'est engouffré dans les escaliers. Laure me regarde avec de grands yeux en soulevant les sourcils genre ké passa ? Pour éviter de lui raconter qu'il y a longtemps le monsieur et moi on a eu une relation client-fournisseur qui ne s'est pas trop trop bien passée: j'étais le client - il était le fournisseur - j'ai fini par le virer, je lui réponds : il doit trouver que j'ai une sale tête... Laure spontanément : ben t'en as une bonne pourtant !
Ouf v'la une journée qui commence bien :-)

25 septembre 2007

Make a deal, c'est pas du vélo

Je te file 3 billes contre un boulard, t'es d'acc ? Mates un peu c'est des Agates hein ? Franchement ça vaut le coup, à ta place je les prends !

A l'époque je devais avoir 5 ou 6 ans et j'apprenais sur le tas (de billes) les rudiments de la négociation : savoir ce que l'on veut, fixer les limites pour y parvenir, avoir l'air sincère et laisser la part belle à l'improvisation. Depuis je n'ai jamais cessé de perfectionner. Bon pour être honnête et parce que la négo c'est aussi de la technique et parce que mon boss m'avait obligé j'ai suivi quelques cours à l'université de la world company. Une partie théorique genre prise de tête suivie d'une partie pratique style jeu de rôle. C'était cencé nous former à l'art de make a deal...  Je dis censé parce que je me souviens parfaitement du type qui faisait équipe avec moi: un Chinois qui parlait un Anglais qui n'avait rien à voir avec le mien ! Alors question efficacité de la mise en situation... enfin j'ai quand même eu mon diplôme, c'est bien que j'étais capable non ? (le premier qui dit que l'université de la world company c'est l'école des fans...).
Mon beau diplôme en poche (que j'ai vite caché tout au fond d'un tiroir) je me suis amusé à discuter le bout de gras avec les clients, j'étais plutôt bon et en plus payé pour ça.
Mais c'était y a longtemps, dans une autre vie, presque une éternité. Et pourtant... va falloir s'y remettre...mais il parait que c'est comme le vélo, ça ne s'oublie pas. Ouais c'est sûr... enfin je crois...du moins j'espère... heuuuu et si j'allais réviser mes cours ?

21 septembre 2007

On a retrouvé la small company !

Pithivier aurait dit : ça y est chef ! on a retrouvé la small company, hein tassin ?  tam tam ta-tam tam tam-tam-tammmm tam tadaaaaaaam !

Eh oui la small company a continué son p'tit bout de chemin, aprés Mais où est donc passé la small company ?, puis la small company passe au vert (nrdl : les comptes), voici le dernier épisode  la small company signe chez le géant de Seattle !. Vi vi vous avez bien lu géant de Seattle (y en a qui connaissent pas ? alors google -> géant de Seattle). J'en avais parlé il y a quelques mois, le géant de Seattle a monté une petite écurie de jeunes pousses à qui il procure support et accompagnement. Un sérieux coup de projo quoi. Vous imaginez un cocktail EPO + hormones de croissance ? Eh ben c'est à peu prés pareil mais en 10 fois mieux. C'est un truc du genre la veille t'es une merde à qui on n'a pas le temps de parler, le lendemain t'es un vieux pote qu'on invite à diner et sans les citrouilles à minuit. Dura lex sed lex. Et à choisir je préfère le rôle du vieux pote.

Mercredi soir donc, en sortant de l'immeuble du géant j'ai eu comme un léger moment d'euphorie, je ne sais pas si c'était lié à la nouvelle qui venait de m'être confirmée ou à la vue sur la tour Eiffel ou à la beauté de l'hotel des Invalides mais il a fallu que je marche un peu tout en respirant calmement pour réaliser. Je me disais que ça faisait plus de 18 mois que j'attendais de ressentir un truc comme ça alors fallait que je prenne le temps de le vivre. Assis sur un banc, j'ai savouré. Du p'tit lait.

Great achievement, so next ?  aurait dit mon ex-boss de la world company et il aurait eu raison : so next ? Parce que c'est juste un début et le plus dur reste encore à faire.

17 septembre 2007

Reflexion récurrente

Effrayante, angoissante, fascinante ou simplement inéluctable, la mort est une compagne avec qui nous devons composer. A moins de se voiler la face, on ne peut pas perdre de vue que nous sommes juste de passage. Ca peut faire froid dans le dos mais c'est un fait, pas toujours facile à vivre.

Moi j'ai commencé trés tôt à jouer avec la mort, gamin je croyais aux signes du destin. Mon cartable sur le dos, je me souviens que je comptais les pas entre deux grands platanes sur le chemin qui m'amenait à l'école. Si le nombre était pair je mourirais vieux, impair ce serait jeune. Ils étaient pratiques les pas, j' en faisais des grands ou des petits... Quelques années plus tard, les pas avaient laissé la place aux couleurs des voitures, ça ou autre chose... Ma tête appuyée sur la vitre du bus scolaire, je matais les voitures qui doublaient : si la prochaine est jaune c'est mauvais signe, si elle est bleue par contre tout va bien. Et quand ça n'allait pas comme je le souhaitais il me suffisait de changer les règles, c'était chouette les signes.

J'ai pourtant fini par les abandonner: trop aléatoires et surtout trop irrationnels. Je suis alors mis à vivre ma vie comme une course à étapes dont le seul but était d'atteindre la prochaine. J'en ai eu plein des étapes: avoir mon 1er vélo, connaitre mes premiers ébats, acheter ma première voiture ou encore obtenir mes diplômes.  Ma devise était simple : jusqu'ici tout va bien !, je savais pertinement que ça ne durerait pas mais je ne voulais pas y penser. C'était une mécanique agréable jusqu'au jour où ça a changé.

Eh pan dans ta tronche ! Explosion, rage, hurlements, rien n'y fait c'est trop tard. Quand la mort frappe elle fait toujours mal, elle t'atteint si fort aux tripes que tu crois mourrir aussi. Epuisé par la haine et l'impuissance tu finis par la maudire sans te douter qu'un jour prochain tu vas l'implorer. Parce que trop de souffrance et trop de douleur. Ironie de la mort qui te déplace d'un camp à l'autre comme un pion sur l'échiquier. Alors tu serres une main en disant adieu et merci dans le même souffle. Merci la mort d'avoir soulagé ses souffrances, comme une délivrance. C'est pas si mal parfois la mort; merde c'est moi qui ai dit ça ?

Des fois je me demande comment ça marche dans le dedans de ma tête mais je vous rassure ça va bien ;-)